Rue Copernic

Histoire de la rue Copernic à Paris 16èmeCréée en 1863, cette rue constituait avec la rue Auguste-Vacquerie la rue des Bassins avant de devenir, 1864, la rue Copernic.

Nicolas Copernic (1473-1543), après de solides études dans les meilleures universités polonaises, a été nommé chanoine. Parti en Italie pour étudier le droit canon et la médecine, il en profita pour suivre des cours de mathématiques et d’astronomie. De retour en Pologne, il poursuivit ses recherches astronomiques dans l’observatoire qu’il avait fait construire.

C’est, à partir de ses observations et de ses recherches, qu’il écrivit en 1514 Commentariolus, un court traité d’astronomie dans lequel il démontre que la terre tourne autour du soleil (héliocentrisme) et non le contraire (géocentrisme) comme le soutenait la thèse officielle depuis 14 siècles. Cette théorie sera développée dans son œuvre majeure, Des révolutions des corps célestes, publiée peu de temps avant sa mort. Cette publication lui vaudra une condamnation à titre posthume par l’Eglise tenante du géocentrisme.

Il faudra attendre 1750 pour voir le pape Benoit XIV abandonner le système géocentrique. Les livres de Copernic et Galilée furent rayés de l'Index en 1757. Mais ce n'est que dans les années 1820-1830 que l'Église a accepté définitivement et complètement l'idée que la Terre tourne autour du Soleil.

Rue Cortambert

Histoire de la Rue CortambertCette rue est composée de trois tronçons  de la place Possoz à la rue de la Tour (l’ancienne rue Saint-Hippolyte) de la rue de la Tour à la rue Scheffer et de cette rue à l’avenue Georges-Mandel (rue des Bornes). C’est en 1891 qu’elle reçut son nom actuel. Le géographe Eugène Cortambert (1805-1881), plus connu comme vulgarisateur, s’est efforcé, tout au long de sa carrière, de faire de la géographie, jusqu’alors simple nomenclature, une science à part entière.

Rue Crevaux

Histoire de la rue Crevaux, Paris 16eCette rue reçut d’abord le nom de Dennery, du nom de son ancien propriétaire avant de recevoir le nom de Crevaux en 1882. Jules Crevaux (1847-1882), médecin militaire se passionna dès son premier séjour en Guyane française pour l’exploration à la fois naturaliste et ethnologique. Il fut surnommé « l’explorateur aux pieds nus » car il aimait voyager léger avec peu de bagages et quelques compagnons contrairement aux explorateurs de son époque. Au cours de sa courte carrière (il est mort à 35 ans), il se livra à quatre expéditions principales en Guyane, dans les Andes, de la Colombie au Vénézuela et en Argentine où il trouva la mort. Capturé par les indiens Tobas, il fut tué avant d’être mangé selon les rites de cette tribu. Au total, ce lorrain parcourut plus de 10 000 km à pied, en pirogue, en radeau ou à dos d’âne. Son personnage inspira Jules Vernes mais aussi Hergé qui puisa des informations dans son œuvre pour rendre plus crédibles les aventures de Tintin.

Rue de la Cure

La rue de la Cure actuelle, qui va de l'avenue Mozart à la rue de l'Yvette, ne mesure que 118 m alors qu'avant 1886 elle reliait la rue de l'Assomption à la rue Raffet.

L'origine de son nom demeure une énigme. Certains historiens de Paris pensent qu'elle doit son nom à un terrain de la cure qu'elle longeait. D'autres assurent que ce nom vient des eaux d'Auteuil jugées curatives au 17ème siècle. En effet, le haut de la rue de la Cure (aujourd'hui rue Jasmin) possédait une source, moins célèbre que celle de Passy, qui était censée soigner l'anémie et les maladies du foie. Deux siècles plus tard, en 1842, on découvrit, à l'emplacement du n° 6 actuel, une nouvelle source idéale, paraît-il, pour ouvrir l'appétit et activer les fonctions digestives. Son succès fut tel qu'un jardin et un chalet furent aménagés à proximité pour accueillir les curistes qui consommait les 140 000 bouteilles produites par an.

La source se tarit en 1894 suite à la construction du métropolitain.

Rue Dangeau

Histoire de la rue Dangeau Paris 16èmeCette rue était connue au début du XIXème siècle sous le nom de Sente de la Petite-Fontaine. C’est ce qui reste de cette sente qui reçut en 1864 son nom actuel qu’il tire de Philippe de Courcillon, marquis de Dangeau (1838-1720.

Ce militaire et diplomate est surtout connu pour son activité littéraire de mémorialiste à travers son Journal où il décrit la vie à la cour de Versailles à la fin du règne de Louis XIV. Ce journal, dévoilé en partie par Voltaire, ne sera publié en 19 volumes sous le titre de Journal de la cour de Louis XIV qu’entre 1854 et 1860.

Le marquis de Dangeau prêtait volontiers sa plume au roi et à son entourage. Louis XIV lui demanda de rédiger ses lettres à Mlle de La Vallière, laquelle lui demanda le même service pour répondre au roi. L'abbé de Choisy relate l'épilogue : « Il faisait ainsi les lettres et les réponses ; et cela dura un an, jusqu'à ce que La Vallière avoua au Roi, qui à son gré la louait trop sur son esprit, qu'elle en devait la meilleure partie à leur confident mutuel, dont ils admirèrent la discrétion. Le Roi, de son côté, lui avoua qu'il s'était servi de la même invention. »

Rue Daumier

daumier-charivari

Créée en 1880, cette rue a reçu son nom actuel en 1886. Honoré Daumier (1808-1879) est surtout connu pour ses caricatures qui reflètent la vie politique et la société de son siècle. Dessinateur prolifique, il a réalisé plus de 4 000 lithographies au cours de sa carrière. Pour le journal La Caricature puis Le Charivari, il a inventé un nouveau genre : la caricature politique mais aussi la caricature sociale avec, pour cible privilégiée, la société bourgeoise du XIXe siècle. Le talent de Daumier ne se résume pas à ces caricatures, il a été aussi l’illustrateur des romans de Balzac notamment Le Père Goriot. Peintre talentueux et sculpteur puissant, il est exposé dans les principaux musées internationaux.

Rue Degas

Histoire de la rue Degas Paris 16èmeCette rue créée en 1929 et prolongée l’année suivante a reçu, en 1932, le nom du peintre, graveur, sculpteur et photographe Edgar Degas. Hilaire Germain Edgar De Gas (1834-1917) est issu d’une famille bourgeoise originaire de Naples. 

Très vite, il abandonna ses études de droit pour entrer dans un atelier de peinture où se perpétue l’enseignement d’Ingres auquel il a voué une immense admiration toute sa vie. Après plusieurs séjours en Italie et la réalisation de quelques toiles historiques, il fait la connaissance des impressionnistes, et participe à la première exposition de ce groupe en 1874, dans la galerie Durand-Ruel.

Contrairement à eux, Degas se cantonne à la peinture d’intérieurs, à cause d’un grave problème oculaire qui lui fait craindre la lumière. Il est surtout réputé pour ses toiles représentant de jeunes danseuses de ballet, des courses de chevaux ou des “Repasseuses”, motifs à travers lesquels il veut traduire l’instantané, l’éphémère. Sa vue baissant à partir des années 1890, Degas peint plus brutalement, exécute des pastels plus audacieux, simplifiés, aux hachures fiévreuses annonçant les fauves, presque expressionnistes. Presque aveugle, il s’enferme dans la solitude et se consacre à la sculpture sur cire.

Boulevard Delessert

Ce boulevard, créé en 1876, devait longer la place du Roi-de-Rome. Mais cette place devint les jardins du Trocadéro et le boulevard Delessert emprunta le tracé que nous lui connaissons aujourd’hui. C’est sur ce boulevard, à l’angle avec la rue de Passy, que Georges Clémenceau fut légèrement blessé dans un attentat en 1919.

Rue Desbordes-Valmore

Marceline_Desbordes-Valmore Cette ancienne rue de Notre-Dame reçut le nom de la femme de lettre Marceline Desbordes-Valmore en 1864, 5 ans après sa mort. Comédienne et chanteuse renommée, elle publia son premier recueil de poésies en 1819.  Considérée comme la plus grande poétesse depuis Louise Labbé, cette romantique eut une très grande influence sur les maîtres de la poésie française moderne que sont Rimbaud et surtout Verlaine.

Rue Decamps

Histoire de la rue Descamps Paris 16èmeCette rue, qui longe le lycée Janson de Sailly, s’appelait Chemin de Versailles en 1825 avant de devenir la rue de la Croix en 1854 et de recevoir le nom du peintre Decamps en 1864.

Alexandre-Gabriel Decamps (1803-1860) s’est spécialisé à ses débuts dans la peinture de la nature et des sujets orientaux. Un voyage en Grèce et en Asie Mineure allait renforcer cette source d’inspiration. Parallèlement, Decamps aimait peindre les animaux, notamment les singes, et n’hésitait pas à publier des dessins et des lithographies politiques. Inspiré par la veine historique, c’est en 1834 qu’il a peint son œuvre majeure : La Défaite des Cimbres ou Marius défait les Cimbres dans la plaine située entre Belsannettes et la grande Fugère. Sa médaille d’honneur de l’exposition universelle de 1853 (en même temps que Delacroix et Ingres) permet de mieux juger de sa notoriété. Une grande partie de ses œuvres est visible au Musée du Louvre et au château de Chantilly.