Histoire des rues : Rue Chapu

henri chapu

Créée en 1893 sous le nom de Maxime – le prénom du propriétaire du terrain -, cette rue reçut son nom actuel en 1897. Issu d’une famille modeste – son père était coher avant de devenir concierge à Paris, Henri Chapu (1833-1891) a été formé à l’école des Beaux-Arts. Prix de Rome de sculpture en 1855, Chapu produit de nombreuses œuvres avant d’être reconnu du grand public grâce à sa “Jeanne d’Arc à Domrémy” exposée en 1872. Devenu sculpteur “officiel” de la IIIe République, il est rentré à l’Académie des Beaux-Arts en 1880. On peut voir certaines de ses œuvres dans les musées Carnavalet, Condé et Orsay mais aussi à l’Hôtel de Ville, à l’Opéra, au Palais de Justice et, même, à la Gare du Nord.

Rue Chardin

 

Histoire de la rue Chardin - Paris 16

 

Dés sa création en 1877, cette rue, qui relie la rue Le Nôtre à la rue Beethoven, reçut le nom du peintre Chardin (1699-1779). A ses débuts, Jean-Siméon Chardin a peint des natures mortes dont La Raie et Le Buffet, deux tableaux qui seront repris par Matisse en 1896. Ses natures mortes l’ont fait reconnaître comme peintre académique. Mais c’est, à cette époque, un genre mineur et, pour accéder à la notoriété et aux privilèges associés, Chardin s’est résolu à abandonner ses natures mortes pour des scènes de genre. Ses plus célèbres créations, Le Bénédécité et La Mère Laborieuse en font le peintre des vertues bourgeoises. Sur la fin de sa vie, Chardin a renoué avec les natures mortes et, surtout, sous l’influence de son ami Quentin La Tour, il s’est consacré aux pastels.

Rue Charles Dickens

charles-dickensCréée dans les années 20 à l’emplacement des Eaux Thermales de Passy, la rue Charles Dickens a été prolongée par un square du même nom en 1936. Le n° 5 de ce square, se situent les anciennes caves du couvent des Minimes qui abritent désormais… le musée du Vin ! Charles Dickens (1812-1870) est le plus grand romancier et nouvelliste de l’ère victorienne. Contraint de travailler en usine et forcé de vivre en prison à l’âge de 12 ans pour payer les dettes de sa famille, il a été hanté toute sa vie par ces souvenirs douloureux. Ces thèmes de l’enfance meurtrie ont nourri ses romans les plus connus : David Copperfield et Oliver Twist. Auteur à succès de son vivant (15 romans publiés pour la plupart en feuilletons et plusieurs centaines de nouvelles), Charles Dickens a parcouru le monde pour répondre aux nombreuses sollicitations dont il a été l’objet avant de mourir à 56 ans.

Rue Charles Lamoureux

Histoire de la rue Charles LamoureuxCette courte rue (70 m), située entre les rues Emile Ménier et Spontini, a reçu à sa création en 1905 le nom du violoniste et chef d’orchestre Charles Lamoureux (1834-1899).

Bordelais d’origine, le jeune Lamoureux était venu étudier au Conservatoire de Paris dont il était sorti premier prix de violon.

Tout en poursuivant une carrière de violoniste puis de chef d’orchestre, il a fondé, avec Charles Colonne en 1860, la Société de musique de chambre avant de créer en 1881 La Société des Nouveaux Concerts qui deviendront Les Concerts Lamoureux après sa mort.

C’est à  la tête de cette formation que Charles Lamoureux s’est efforcé de faire connaître, en dépit de la germanophobie ambiante, l’œuvre de Richard Wagner, notamment Lohengrin et Tristan et Iseult qu’il a dirigé, pour la première fois à Paris, quelques jours avant de disparaître.

Rue Charles Marie Widor

Histoire de la rue Charles Marie Widor Paris 75016Cette rue était une partie de la rue Claude Lorrain avant de recevoir, en 1946, le nom du compositeur Charles-Marie Widor. Né à Lyon en février 1845 et décédé à Paris en mars 1937, Widor commença sa carrière d’organiste à Lyon, sa ville natale, où il fut nommé, très jeune, organiste à l’église Saint-François de Sales. Charles-Marie Widor se rendit ensuite à Bruxelles pour y parfaire ses études musicales. Il regagna Paris ensuite et succéda, dès 1869, à Lefébure-Wély aux Grandes Orgues Cavaillé-Coll de l’église Saint-Sulpice. Il restera titulaire de cet instrument jusqu’en 1933 (soit pendant 64 ans).
Widor fut professeur d’orgue au Conservatoire de Paris (1890-96) à la suite de César Franck. Parmi ses élèves, on peut citer Albert Schweitzer, Charles Tournemire et Marcel Dupré, ainsi que Arthur Honegger et Darius Milhaud.
Si Charles Marie Widor a laissé une importante production de sonates, concertos, opéras, ballets etc. ce sont ses dix symphonies pour orgue qui l’ont fait passer à la postérité.


Rue Chernoviz

Histoire de la Rue Chernoviz, Paris 16Cette rue a été créée en 1906 dans le propriété qu’a possédé le docteur Chernoviz, mort en 1905. Ce sont deux de ses gendres qui ont fait don à la ville de Paris pour créer une école et une rue qui a porté depuis sa création le nom de ce grand médecin du XIXème siècle. Pierre Louis Napoléon Chernoviz (de son vrai nom : Piotr Czerniewicz) est né en Pologne en 1812. Obligé de s’exiler en 1831 suite au soulèvement de la Pologne contre la Russie, il a terminé ses études de médecine à Montpellier. En 1840 Chernoviz a émigré au Brésil pour s’installer à Rio de Janeiro où a réussi brillamment sa vie professionnelle, devenant membre à part entière de l’Académie Impériale de Médecine. De retour en France en 1855, après avoir épousé une Brésilienne d’origine française, Chernoviz s’est installé dans la future rue Raynouard où il mourut en 1881

Rue Cimarosa

Histoire de la rue Cimarosa Paris 16Cette ancienne rue de la commune de Passy fut ouverte en 1825 sous le nom de rue Saint-André avant de recevoir, en 1864, le nom du compositeur italien Cimarosa (1749-1801).

Considéré comme l’exemple le plus parfait du musicien classique, Domenico Cimarosa est issu d’une famille napolitaine très pauvre. Par chance, il fut recueilli dans un monastère où il reçut les premiers rudiments de musique avant d‘intégrer le conservatoire. Il débuta sa carrière de compositeur à 23 ans avec un opéra-bouffe, Le Stravaganze del Conte. C’est une autre oeuvre comique, L'Italiana in Londra, qui l’a fait connaître de toute l’Italie même si, dans le même temps, il compose de nombreuses cantates et sonates.

Invité dans toutes les cours d’Europe, c’est à Vienne qu’il produisit son chef d'œuvre, Il Matrimonio segreto. Fait unique dans l'histoire de l'opéra, l'œuvre sera bissée intégralement le soir même. De retour à Naples, il se rallia à l’éphémère République parthénopéenne instaurée par les troupes de la révolution française. Emprisonné lors de la Restauration de la monarchie, il mourut à Venise.

Rue du Commandant Marchand

Commandant-Marchand

D’abord nommée Villa Eugénie, puis Villa du Redon, cette rue reçut le nom du Commandant Marchand en 1901 du vivant de ce héro des expéditions coloniales. Jean-Baptiste Marchand (1863-1934) s’est d’abord engagé comme simple soldat dans l’Infanterie de Marine. A la sortie de l’école de Saint-Maixent, à 24 ans, il devint officier de tirailleurs sénégalais ce qui lui permit de faire l’essentiel de sa carrière en Afrique. Après avoir participé à la conquête du Soudan français, il a été chargé de la mission “Congo-Nil” pour contester l’hégémonie britannique sur le Nil. Ce fut alors qu’intervint le fameux épisode de Fachoda où troupes françaises et britanniques furent prêtes à en découdre. Finalement, sur ordre du gouvernement la mission Marchand dut évacuer Fachoda pour éviter un conflit entre les deux puissances coloniales. Devenu très populaire, Marchand, désormais colonel a quitté l’armée en 1904. La première guerre mondiale lui a permis de reprendre l’uniforme et ce fut comme général qu’il combattit vaillamment sur tous les fronts – de la bataille de Champagne au Chemin des Dames – malgré ses très nombreuses blessures.

 

Rue du Commandant Schloesing

Histoire de la Rue du Commandant SchloesingCette ancienne rue de la Commune de Passy a porté le nom de rue des Réservoirs du fait de sa proximité des petits réservoirs de Passy construits en 1828. Ce n’est qu’en 1964, qu’elle est devenue la rue du Commandant Schloesing, en hommage à un héros de la France Libre. Jacques-Henri Schloesing (1919-1944). Engagé volontaire en 1939, il a rejoint l’Angleterre dès l’annonce de l’armistice. Intégré aux Forces aériennes françaises libres, il a multiple les missions au-dessus su sol français. Abatu en 1943 au-dessus de la Somme, il a été soigné et caché par la population avant de rejoindre l’Angleterre. Dès juin 1944, il a pu reprendre le combat de libération de la France jusqu’à sa mort le 26 août, abattu en combat aérien près de Rouen.

Rue du Conseiller Collignon

Histoire de la rue Conseiller Collignon à Paris seizième arrondissementCette rue, créée dans l’ancien domaine de la Muette, reçut en 1923 le nom du Conseiller Collignon. 

Henri Collignon (1857-1915) fit la plus grande partie de sa carrière dans l’administration préfectorale. Secrétaire général de la Présidence de la République en 1912/1913, il fut nommé conseiller d’Etat en 1913. Bien qu’âgé de 58 ans, il s’engagea comme simple soldat dès le début de la guerre. Malgré les pressions, il refusa toutes les promotions et resta porte-drapeau de son régiment jusqu’à sa mort en portant secours à un camarade blessé. Ses compagnons l’avaient surnommé "La Tour d'Auvergne de la IIIe République".

Rue Copernic

Histoire de la rue Copernic à Paris 16èmeCréée en 1863, cette rue constituait avec la rue Auguste-Vacquerie la rue des Bassins avant de devenir, 1864, la rue Copernic.

Nicolas Copernic (1473-1543), après de solides études dans les meilleures universités polonaises, a été nommé chanoine. Parti en Italie pour étudier le droit canon et la médecine, il en profita pour suivre des cours de mathématiques et d’astronomie. De retour en Pologne, il poursuivit ses recherches astronomiques dans l’observatoire qu’il avait fait construire.

C’est, à partir de ses observations et de ses recherches, qu’il écrivit en 1514 Commentariolus, un court traité d’astronomie dans lequel il démontre que la terre tourne autour du soleil (héliocentrisme) et non le contraire (géocentrisme) comme le soutenait la thèse officielle depuis 14 siècles. Cette théorie sera développée dans son œuvre majeure, Des révolutions des corps célestes, publiée peu de temps avant sa mort. Cette publication lui vaudra une condamnation à titre posthume par l’Eglise tenante du géocentrisme.

Il faudra attendre 1750 pour voir le pape Benoit XIV abandonner le système géocentrique. Les livres de Copernic et Galilée furent rayés de l'Index en 1757. Mais ce n'est que dans les années 1820-1830 que l'Église a accepté définitivement et complètement l'idée que la Terre tourne autour du Soleil.

Rue Cortambert

Histoire de la Rue CortambertCette rue est composée de trois tronçons  de la place Possoz à la rue de la Tour (l’ancienne rue Saint-Hippolyte) de la rue de la Tour à la rue Scheffer et de cette rue à l’avenue Georges-Mandel (rue des Bornes). C’est en 1891 qu’elle reçut son nom actuel. Le géographe Eugène Cortambert (1805-1881), plus connu comme vulgarisateur, s’est efforcé, tout au long de sa carrière, de faire de la géographie, jusqu’alors simple nomenclature, une science à part entière.

Rue Crevaux

Histoire de la rue Crevaux, Paris 16eCette rue reçut d’abord le nom de Dennery, du nom de son ancien propriétaire avant de recevoir le nom de Crevaux en 1882. Jules Crevaux (1847-1882), médecin militaire se passionna dès son premier séjour en Guyane française pour l’exploration à la fois naturaliste et ethnologique. Il fut surnommé « l’explorateur aux pieds nus » car il aimait voyager léger avec peu de bagages et quelques compagnons contrairement aux explorateurs de son époque. Au cours de sa courte carrière (il est mort à 35 ans), il se livra à quatre expéditions principales en Guyane, dans les Andes, de la Colombie au Vénézuela et en Argentine où il trouva la mort. Capturé par les indiens Tobas, il fut tué avant d’être mangé selon les rites de cette tribu. Au total, ce lorrain parcourut plus de 10 000 km à pied, en pirogue, en radeau ou à dos d’âne. Son personnage inspira Jules Vernes mais aussi Hergé qui puisa des informations dans son œuvre pour rendre plus crédibles les aventures de Tintin.

Rue de la Cure

La rue de la Cure actuelle, qui va de l'avenue Mozart à la rue de l'Yvette, ne mesure que 118 m alors qu'avant 1886 elle reliait la rue de l'Assomption à la rue Raffet.

L'origine de son nom demeure une énigme. Certains historiens de Paris pensent qu'elle doit son nom à un terrain de la cure qu'elle longeait. D'autres assurent que ce nom vient des eaux d'Auteuil jugées curatives au 17ème siècle. En effet, le haut de la rue de la Cure (aujourd'hui rue Jasmin) possédait une source, moins célèbre que celle de Passy, qui était censée soigner l'anémie et les maladies du foie. Deux siècles plus tard, en 1842, on découvrit, à l'emplacement du n° 6 actuel, une nouvelle source idéale, paraît-il, pour ouvrir l'appétit et activer les fonctions digestives. Son succès fut tel qu'un jardin et un chalet furent aménagés à proximité pour accueillir les curistes qui consommait les 140 000 bouteilles produites par an.

La source se tarit en 1894 suite à la construction du métropolitain.

Rue Dangeau

Histoire de la rue Dangeau Paris 16èmeCette rue était connue au début du XIXème siècle sous le nom de Sente de la Petite-Fontaine. C’est ce qui reste de cette sente qui reçut en 1864 son nom actuel qu’il tire de Philippe de Courcillon, marquis de Dangeau (1838-1720.

Ce militaire et diplomate est surtout connu pour son activité littéraire de mémorialiste à travers son Journal où il décrit la vie à la cour de Versailles à la fin du règne de Louis XIV. Ce journal, dévoilé en partie par Voltaire, ne sera publié en 19 volumes sous le titre de Journal de la cour de Louis XIV qu’entre 1854 et 1860.

Le marquis de Dangeau prêtait volontiers sa plume au roi et à son entourage. Louis XIV lui demanda de rédiger ses lettres à Mlle de La Vallière, laquelle lui demanda le même service pour répondre au roi. L'abbé de Choisy relate l'épilogue : « Il faisait ainsi les lettres et les réponses ; et cela dura un an, jusqu'à ce que La Vallière avoua au Roi, qui à son gré la louait trop sur son esprit, qu'elle en devait la meilleure partie à leur confident mutuel, dont ils admirèrent la discrétion. Le Roi, de son côté, lui avoua qu'il s'était servi de la même invention. »