Histoire des rues : Place Possoz

Histoire de la place Possoz, Paris XVI, courtesy of La Grandière Immobilier

Cette place a été créée en 1854 lors du lotissement du Parc Guichard. Jean Frédéric Possoz (1797-1875) a été maire de Passy de 1834 à 1848 et de 1852 à 1860. Il a bien mérité une place car, sans son intervention vigoureuse, le 16ème aurait été baptisé 13ème arrondissement !!!

En effet, en 1860, le baron Haussmann avait prévu de numéroter les nouveaux arrondissements de gauche à droite et de haut en bas. Les habitants de Passy se seraient alors trouvés dans le 13ème arrondissement. Or, il existait une expression populaire apparue lorsque Paris ne comptait que 12 arrondissements, “se marier à la mairie du 13ème qui voulait dire “vivre en concubinage”. La bourgeoisie de Passy ne voulant pas être associée à cette indignité, Possoz protesta auprès d'Haussmann. Celui-ci accepta de changer la numérotation si celle-ci était cohérente. Possoz proposa une numérotation en spirale commençant au centre de Paris. Passy échappa donc au chiffre 13 et se retrouva dans le 16e arrondissement.

Histoire des rues : Rue Chapu

henri chapu

Créée en 1893 sous le nom de Maxime – le prénom du propriétaire du terrain -, cette rue reçut son nom actuel en 1897. Issu d’une famille modeste – son père était coher avant de devenir concierge à Paris, Henri Chapu (1833-1891) a été formé à l’école des Beaux-Arts. Prix de Rome de sculpture en 1855, Chapu produit de nombreuses œuvres avant d’être reconnu du grand public grâce à sa “Jeanne d’Arc à Domrémy” exposée en 1872. Devenu sculpteur “officiel” de la IIIe République, il est rentré à l’Académie des Beaux-Arts en 1880. On peut voir certaines de ses œuvres dans les musées Carnavalet, Condé et Orsay mais aussi à l’Hôtel de Ville, à l’Opéra, au Palais de Justice et, même, à la Gare du Nord.

Histoire des rues : Square des Aliscamps

Les-Alyscamps Paul-Gauguin

Cette voie, créée en 1932 lors du démantèlement du bastion 62, un des “fortifs” de l’enceinte Thiers, a reçu le nom d’Aliscamps en hommage à la célèbre allée d’Arles. Les Aliscamps (ou Alyscamps) sont les “champs élysées” d’Arles. Situés à l’extérieur de la ville, aux abords de la via Aurelia, ils reçurent les tombes, sarcophages et mausolées des dignitaires romains. A l’époque paléochrétienne, ce cimetière prit une importance majeure avec les sépultures du martyr Saint Genest et des premiers évêques d’Arles. La nécropole devint une étape obligée du pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle et les chansons de Gestes y situèrent les combats de Charlemagne contre les Sarrasins pour expliquer l’abondance des tombes. Ce lieu mythique a été immortalisé par Dante dans son poème “L’enfer” puis, en 1888, par Van Gogh et Gauguin.

Histoires des rues : Place de l’Amiral de Grasse

Cette place, située à l’intersection de l’avenue d’Iéna et de la place des Etats-Unis a reçu en 1978 le nom de l’Amiral de Grasse (1722-1788) en souvenir de son action décisive dans la guerre d’indépendance des Etats-Unis.

François Joseph Paul, marquis de Grasetilly, comte de Grasse, alors lieutenant général des Armées, a été envoyé par Louis XVI au secours des américains. C’est au large de la baie de Chesapeacke qu’il a alors repoussé les vaisseaux anglais permettant la victoire des troupes américaines de Washington, Rochambeau et La Fayette. L’indépendance américaine était acquise, mais de Grasse, fait prisonnier des Anglais à la bataille de Saintes, a même été traduit en conseil de guerre à son retour en France. Ce sont les Américains qui ont réhabilité sa mémoire en baptisant plusieurs de leurs bateaux de guerre de son nom.

Histoires des rues : Rue de Franqueville

Histoire de la rue de Franqueville courtesy of La Grandière Immobilier Paris 16Ce sont les héritiers Franqueville qui créèrent cette rue en 1904 dans l’ancien parc de la Muette en l’honneur de l’ingénieur Alfred Charles Ernest Franquet de Franqueville (1809-1876). Cet X-Ponts a joué un rôle prépondérant dans l’aménagement de la France au milieu du XIXème siècle. Directeur général des Ponts et Chaussées et des Chemins de Fer, il a initié le développement du chemin de fer par l’extension du réseau et le regroupement des compagnies. Aménageur des voies navigables, il a, notamment, dirigé les travaux de protection contre les inondations des principales villes bordant le Rhône et la Garonne.

Histoires des rues : Rue Mallet-Stevens

Mallet-Stevens

Cette rue en impasse s’ouvrant sur le 9, rue du Docteur Blanche, porte le nom de l’architecte qui l’a créé en 1927. Robert Mallet-Stevens (1886-1945), architecte de formation, s’est d’abord intéressé au design mobilier et les décors de cinéma avant d’appliquer sa vision moderniste à l’architecture dont il est une des figures majeures de l’entre-deux guerres. Se consacrant presque exclusivement à une clientèle privée – sa seule commande publique est la caserne des pompiers de la rue Mesnil – l’œuvre de Mallet-Stevens n’a commencé à être reconnue que dans les années 80 avec, pour consécration, la rétrospective organisée par le Centre Pompidou en 2005 qui a permis de lancer la réhabilitation des bâtiments encore existants. Rue Mallet-Stevens, plusieurs constructions témoignent de son talent : notamment, l’immeuble situé au 9-12, véritable manifeste de l’architecture moderne hélas défiguré par l’ajout de 3 étages en 1960 et l’hôtel particulier de Jan et Joël Martel au n°10.

Place Abbé Franz Stock

L'Abbé Franz StockSituée avenue du Général Clavery, côté impair, au niveau de son débouché sur les avenues Marcel Doret et Dode de la Brunerie, cette place était nommée place Pierre-de-Coubertin de 1965 à 1994 avant de recevoir le nom de l’Abbé Franz Stock (1904-1948).

Premier étudiant allemand admis à l’Institut Catholique de Paris depuis le Moyen-Âge, Franz Stock a été recteur de la mission catholique allemande de Paris de 1934 à 1939. Aumônier des prisons de Paris de 1941 à 1944, il apportait un soutien moral et spirituel aux détenus, préparait et accompagnait les condamnés à mort jusqu’au Mont Valérien, lieu d’exécution de nombreux résistants. De très nombreux témoignages (dont celui d’Edmond Michelet) établissent qu’il apportait le réconfort à ceux qui voulaient le recevoir et qu’à ses risques et périls, il servait de messager entre les familles et les résistants emprisonnés. En 1945, il fut chargé de l’instruction des séminaristes allemands prisonniers de guerre dans le “Séminaire des barbelés” installé dans le camp 501 de Coudray, près de Chartres.
L’Abbé Stock est considéré comme un pionnier de l’amitié franco-allemande.

Place d'Iéna

Hisoire de la Place d'IénaContemporaine de l’avenue du même nom, la place Iéna a été créée en 1858. De la place, il est possible d’admirer la rotonde d’entrée du musée Guimet consacré aux arts asiatiques. Cet édifice a été construit en 1875 par Emile Guimet à la place des Arènes Boissière, un cirque en planches. Emile Guimet, qui avait créé ce musée à Lyon en 1879, en fit don à  l’Etat qui transféra les collections dans le bâtiment actuel en 1886.

Place de l'Alma

Histoire de la place de l'AlmaCette place, dont la création commença en 1858, a reçu le nom du pont voisin. La construction de ce pont débuta en 1854 et s’acheva en avril 1856. Il reçut alors le nom de la toute récente victoire de l’Alma en 1854. Cette bataille opposa sur les rives du fleuve Alma, le 20 septembre 1854, une coalition franco-britanno-turque à l'armée russe lors de la guerre de Crimée. Les zouaves français prirent une part prépondérante dans la victoire. C’est pourquoi l’un des leurs figure entre les arches du pont. Ce zouave a longtemps servi aux parisiens à mesurer la montée des eaux de la Seine. Lorsque le niveau de la Seine atteignait les pieds de ce Zouave, les voies sur berges étaient fermées. Lorsque l'eau montait jusqu'aux cuisses du Zouave, la Seine n'était plus navigable. Lors de la crue historique de 1910, l'eau est montée jusqu'à ses épaules. Aujourd’hui, le Zouave a été rehaussé et les repères ont changé.

Place de Mexico

Cette place n’était à l’origine qu’un carrefour des chemins qui traversaient la plaine de Passy.
Jusqu’au début du XXe siècle, elle n’était bâtie que de petites maisons de jardiniers et maraîchers qui travaillaient à proximité. Une plaque rappelle qu’au XVIIIe siècle Boileau et La Fontaine aimaient venir boire du lait dans une ferme démolie en 1904 lors du lotissement de cette place. Appelée rond-point de Lonchamp, elle reçut le nom de la capitale du Mexique en 1957.
Histoire de la Place de Mexico, Paris 16