Histoires des rues : Place de l’Amiral de Grasse

Cette place, située à l’intersection de l’avenue d’Iéna et de la place des Etats-Unis a reçu en 1978 le nom de l’Amiral de Grasse (1722-1788) en souvenir de son action décisive dans la guerre d’indépendance des Etats-Unis.

François Joseph Paul, marquis de Grasetilly, comte de Grasse, alors lieutenant général des Armées, a été envoyé par Louis XVI au secours des américains. C’est au large de la baie de Chesapeacke qu’il a alors repoussé les vaisseaux anglais permettant la victoire des troupes américaines de Washington, Rochambeau et La Fayette. L’indépendance américaine était acquise, mais de Grasse, fait prisonnier des Anglais à la bataille de Saintes, a même été traduit en conseil de guerre à son retour en France. Ce sont les Américains qui ont réhabilité sa mémoire en baptisant plusieurs de leurs bateaux de guerre de son nom.

Rue de l’Amiral Hamelin

Histoire de la rue de l'Amiral HamelinCréée en 1864, cette rue reçut en 1867 le nom de “Hamelin“ devenu “Amiral Hamelin“ en 2003. Ferdinand Hamelin (1796-1864) a été un grand marin du XIXème siècle. Entré dans la marine comme mousse à 9 ans, il a déjà été élevé au grade d’aspirant à 13 ans. Il a ensuite gravi tous les échelons au cours de campagnes sur toutes les mers du monde jusqu’à vice-amiral en 1848. Napoléon III l’a placé à la tête de l’expédition de Crimée en 1853, mission qu’il a accompli avec succès notamment lors du siège de Solferino. Elevé au grande d’Amiral de France en 1854, il devint ministre de la Marine de 1855 à 1860. A sa mort, il eut droit à de grandioses funérailles aux Invalides.

Rue d'Andigné

 

Palais Rose rue d'Andigné, Paris 16

 

Cette rue fut créée en 1923 dans l’ancien parc de la Muette. A sa création, elle reçut le nom du Général d’Andigné (1765-1857), célèbre pour le rôle qu’il joua dans la guerre de Vendée. Mais un d’Andigné en chasse un autre. Le nom fut rectifié en 1937 en rue d’Andigné en hommage au marquis d’Andigné (1821-1895), pair de France et sénateur, et de son fils, le comte d’Andigné (1867-1935), président du conseil municipal et député. C’est rue d’Andigné que l’on peut admirer le Palais Rose, bâtiment de même style que le Palais Rose de Boni de Castellane avenue Foch. Ce Palais, édifié vers 1921, au 3 rue d'Andigné, apparaît dans de nombreux films.

Boulevard André Maurois

André MauroisCette artère, appelée autrefois avenue des Erables, était rattachée à Neuilly jusqu’à ce qu’elle soit annexée à Paris en 1929. Cette partie du boulevard Maillot reçut le nom d’André Maurois peu après la mort de l’académicien en 1967.

L’écrivain André Maurois, Emile Salomon Wilheim Herzog de son vrai nom, était le fils d’un industriel alsacien qui avait choisi, en 1871, de transporter ses usines à Elbeuf pour rester français.

C’est au lycée de Rouen que le jeune Herzog fut l’élève du philosophe Alain. Anglophone et angliciste, il servit pendant la guerre de 14-18 comme officier de liaison auprès de l’armée britannique. Une expérience dont il tira deux romans humoristiques : Les silences du colonel Bramble et Les discours du docteur O’Grady.

Après la guerre, André Maurois produit une œuvre considérable : romans, essais et biographies, un genre dans lequel il excellait.
Entré à l’Académie Française en 1938, il y siégea près de 30 ans.

Rue André Pascal

Histoire de la rue André Pascal by l'agence immobilière La Grandière

Cette rue a été créée dans l’ancien parc de La Muette en 1921 par Henri de Rothschild qui lui a donné pour nom un de ses son pseudonymes littéraires.

Le Baron Henri James Nathaniel Charles de Rothschild, issu de la branche anglaise des Rothschild, fit des études de médecine, profession qu’il n’exerça jamais. Industriel inventif, il créa, entre autres, les automobiles Unic. Passionné de théâtre, il dirigea le théâtre Antoine et fit construire le théâtre Pigalle. Il fut l’auteur de dix-neuf pièces sous divers pseudonymes dont André Pascal. Parallèlement, il publia de nombreux ouvrages de vulgarisation médicale. De 1912 à 1922, Henri de Rothschild fit construire le château de la Muette, siège actuel de l’OCDE.

Rue de l’Annonciation

Cette rue, qui relie la rue Raynouard à la Place de Passy, n’était qu’un chemin au XVIIe siècle. Devenue rue, elle reçut divers noms avant la Révolution - rue du Moulin, rue des Tierrées, rue de la Paroisse – avant de devenir rue de la Raison en 1793 puis rue de l’Eglise au début du XIXe. C’est en 1867 qu’elle fut baptisé du nom de l’église à laquelle elle mène. Cette église de l’Annonciation ou Notre-Dame-de-Grâce de Passy a été édifiée vers 1670 par le seigneur de Passy. Simple chapelle à ses débuts, cette église a été agrandie sous la Restauration.Histoire de la rue de l'Annonciation

Rue Antoine Arnauld

Histoire de la rue Antoine Arnauld, Paris XVI et de Le Grand ArnauldCette courte rue, qui relie la rue Gustave Zédé à la rue Davioud, reçut à sa création en 1903, le nom de rue de la Muette avant de recevoir l’année suivante son nom actuel. Antoine Arnauld (1612-1694) a été un des grands penseurs du XVIIe siècle.

Surnommé Le Grand Arnauld par ses contemporains, Antoine Arnauld est surtout connu comme l’un des principaux chefs de file des jansénistes et un opposant aux jésuites. Obligé de se cacher et de s’exiler du fait de ses positions jansénistes, il n'en demeurait pas moins un grand théologien, un grand philosophe en même temps qu’un mathématicien réputé. Réfugié à Bruxelles, il passa les seize dernières années de sa vie à d’inlassables controverses avec les jésuites, les calvinistes et les hérétiques de toute sorte.

Rue Antoine Roucher

antoine-roucher

Cette rue, créée en 1883, sous le nom de François-Millet, reçut très vite son nom actuel. Antoine Roucher (1745-1794) mérite en effet une place d’honneur au panthéon littéraire du XVIII° siècle comme le grand poète des Lumières. Ce montpelliérain, monté à Paris, est très rapidement devenu le poète à la mode grâce notamment à son monumental poème Les Mois. Invité vedette des salons littéraires, ami de Benjamin Franklin, Roucher a été le poète incontournable de son époque. D’abord supporter des idées de la Révolution, il a dénoncé les excès de la Terreur et de Robespierre ce qui lui a valu d’être emprisonné puis condamné à mort pour ”complot monarchiste” avant d’être guillotiné en compagnie d’André Chénier. Il existe une ”Société des Amis de Roucher et André Chénier” dont le siège est situé à la Mairie du 16e, qui organise chaque année un colloque sur la poésie du XVIIIe siècle.

Rue d'Argentine

Cette rue a été créée en 1825 sur la pelouse de l’Etoile, d’où son premier nom ”Neuve-de-la-Pelouse” qu’elle a porté jusqu’en 1868 où elle reçut le nom d’Obligado en l’honneur d’une victoire de la coalition franco-britannique sur les troupes argentines.

Cette référence un peu désagréable pour nos amis argentins a été corrigée en 1948 quand elle reçut son nom actuel. La France comptait ainsi remercier l’Argentine de l’aide généreuse apportée pendant les premiers temps de la reconstruction de l’après-guerre et la reconstitution des stocks de nourriture. C’est au même moment que la station de métro Obligado, créée en 1900, reçut, elle aussi, le nom d’Argentine.

Rue de l’Assomption

Cette rue délimitait les paroisses d’Auteuil et de Passy. Appelée chemin puis rue des Tombereaux, ainsi nommée parce qu’elle était utilisée pour transporter la production de la tuilerie d’Auteuil, elle prit son nom actuel en 1854. C’est dans cette rue, au n° 25, que fut édifié au XVIe siècle, le château de la Tuilerie, rendez-vous de chasse très couru par François Ier qui s’adonnait à la chasse au Bois de Boulogne. Détruit en 1928, neuf rues traversent les 5 hectares de son ancien parc.

Rue Auguste Maquet

Histoire de la rue Auguste Maquet, Paris 16èmeDès sa création en 1898, cette rue reçut son nom actuel. Auguste Maquet (1813-1888), romancier et dramaturge prolifique, est surtout passé à la postérité grâce à sa collaboration avec Alexandre Dumas. De 1838 à 1851, du Chevalier d’Harmental à La Tulipe Noire en passant par Les Trois Mousquetaires et Le Comte de Monte-Cristo, Auguste Maquet fut le “nègre“ d’Alexandre Dumas. Cette collaboration fructueuse a fait l’objet de nombreuses études pour définir le mérite des deux écrivains. En fait, il semblerait que Maquet écrivait une première version à partir de ses connaissances historiques alors que Dumas y apportait son style romanesque. Cette relation entre les deux écrivains a fait l’objet d’un film en 2010 L’Autre Dumas dans lequel le personnage de Maquet est interprété par Benoît Poelvoorde.

Rue Auguste Vacquerie

Précédemment partie de la rue des Bassins - du fait de la proximité des bassins de la pompe à feu de Chaillot - au même titre que la rue Copernic, cette rue reçut à sa création en 1895 le nom d'Auguste Vacquerie mort peu de temps auparavant.

Journaliste, poète et auteur dramatique, Auguste Vacquerie est surtout connu pour sa proximité avec Victor Hugo et sa famille. Son frère Charles fut le mari de la fille de Hugo, Léopoldine, avec laquelle il périt tragiquement dans un accident de barque. Très proche du grand poète, Auguste Vacquerie lui rendit de nombreuses visites à Jersey, terre d'exil de Victor Hugo dont il réalisa des portraits photographiques qui sont passés à la postérité. Exécuteur testamentaire de Hugo, il se chargea des éditions posthumes du poète.

Rue d’Auteuil

Rue d'auteuil.jpg A l’origine, cette Grande-Rue du village d’Auteuil allait de la Route de Versailles à une sablière à l’orée du Bois de Boulogne. Au début du XIXe, elle fut coupée en deux tronçons, l’un sous le nom de rue Molière, l’autre restant la Grande-Rue. Lors du rattachement à Paris du village d’Auteuil en 1860, les deux tronçons reçurent le nom de rue d’Auteuil mais, en 1877, la rue perdit la partie baptisée rue Rémuzat. La rue d’Auteuil comptait de nombreuses propriétés mais, outre quelques maisons anciennes, le dernier témoignage du passé est le restaurant Le Mouton Blanc (au n°40) où Molière, Racine, Boileau, La Fontaine et Ninon de Lenclos avaient l’habitude de se retrouver.

Rue de Bassano

Histoire de la rue de Bassano, Paris 75016Cette rue était au 18ème siècle la ruelle des Jardins pour sa partie XVI° et la rue du Château des Fleurs pour sa partie VIII°. Ces deux tronçons ont été réunis en 1865 par une percée effectuée à travers les jardins de l'ancien couvent Sainte-Perrine de Chaillot.

La nouvelle rue ainsi créée reçut en 1867 le nom d'Hugues-Bernard Maret, duc de Bassano (1763-1839).

Homme politique et diplomate, ministre des Affaires Etrangères de 1811 à 1813, pair de France, membre de l'Académie Française et de l'Académie des Sciences Morales et Politiques, le duc de Bassano fut même président d'un cabinet qui ne dura que trois jours en 1834. Il se fit connaître au début de la Révolution en rédigeant un Bulletin de l'Assemblée nationale qui devint le Moniteur universel, et en fondant, en 1791, le Club des Feuillants.
Il participa à la préparation du 18 Brumaire.

Rue des Bauches

C’était, à l’origine, le sentier des Bauches avant de devenir rue des Bauches en 1913. L’origine de cette appellation demeure assez mystérieuse même si l’hypothèse la plus probable est liée au sens même du mot « bauches ». C’est, en effet, un terrain boueux servant souvent de repaire aux sangliers ce que ce quartier de La Muette pouvait être dans le passé.

C’est au n°9 de cette rue que se cache un cadre de verdure exceptionnel à 100 mètres du carrefour de la Muette : le jardin des Bauches. Plus de 300 variétés de végétaux et près de 500 plantes, fleurs, vivaces, arbres et arbustes font du Jardin des Bauches un lieu magique, coloré, inspiré et inspirant. Conçu pour être charmant à chaque saison, le jardin vous étonnera particulièrement au printemps et à l'automne.