LES RUES
DE VOTRE QUARTIER
Amiral Bruix (avenue de l’)
Le boulevard, anciennement rue Militaire, part de l'avenue de Malakoff et arrive à la place du Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny, où il laisse la place au boulevard Lannes.
ll a reçu, en 1932, son nom d’Étienne Eustache Bruix (1759-1805) qui, après une brillante carrière dans la marine, reçut de Napoléon le commandement du camp de Boulogne qui réunissait les forces censées envahir l’Angleterre.
Ce boulevard compte aujourd’hui parmi les trois boulevards des maréchaux à ne pas porter le nom d’un maréchal de France.
Assomption (rue de l’)
Cette rue délimitait les paroisses d’Auteuil et de Passy. Appelée
chemin puis rue des Tombereaux, ainsi nommée parce qu’elle était
utilisée pour transporter la production de la tuilerie d’Auteuil, elle
prit son nom actuel en 1854. C’est dans cette rue, au n° 25, que fut
édifié au XVIe siècle, le château de la Tuilerie, rendez-vous de chasse
très couru par François Ier qui s’adonnait à la chasse au Bois de
Boulogne. Détruit en 1928, neuf rues traversent les 5 hectares de son
ancien parc.
Auteuil (rue d’)
A l’origine, cette Grande-Rue
du village d’Auteuil allait de la Route de Versailles à une sablière à
l’orée du Bois de Boulogne. Au début du XIXe, elle fut coupée en deux
tronçons, l’un sous le nom de rue Molière, l’autre restant la
Grande-Rue. Lors du rattachement à Paris du village d’Auteuil en 1860,
les deux tronçons reçurent le nom de rue d’Auteuil mais, en 1877, la
rue perdit la partie baptisée rue Rémuzat. La rue d’Auteuil comptait de
nombreuses propriétés mais, outre quelques maisons anciennes, le
dernier témoignage du passé est le restaurant Le Mouton Blanc (au n°40) où Molière, Racine, Boileau, La Fontaine et Ninon de Lenclos avaient l’habitude de se retrouver.
Beauséjour (boulevard)
La création de ce boulevard, en 1853, est concomitante de la construction du chemin de fer d’Auteuil. Il remplace un chemin de ronde du Bois de Boulogne, la route de ronde à Auteuil.
Il tire son nom du parc de Beauséjour qui fut coupé en deux par la création de l’Avenue Mozart en 1867. Ce parc magnifiquement arboré comptait quelques maisons discrètes. Parmi les hôtes illustres de ces pavillons, on peut citer Le Père Lachaise, Madame de Récamier, Chateaubriand tout occupé à ses Mémoires et Rossini qui y donnait des soirées musicales.
Boileau (rue)
Cette ancienne rue des Garennes au XVIIe siècle, elle allait de l’actuel rue d’Auteuil à la potence des seigneurs d’Auteuil située à l’emplacement de la place de la Porte de Saint Cloud. Elle devint la rue Boileau en 1792 du nom du poète Nicolas Boileau-Despréaux qui vécut dans cette rue.
Boileau habitait au niveau de l’actuel n° 26 une maison de campagne où il s’était retiré pour soigner son asthme et où il recevait ses amis tels que Racine qui écrivait alors : « Il est heureux comme un roi dans sa solitude ou, plutôt, dans son hotellerie d’Auteuil. »
L’auteur des Satires et des Epîtres, pour ne citer que ses œuvres les plus remarquables, vendit sa propriété en 1709 avant de mourir en 1711 dans le cloître de Notre-Dame.
Boulainvilliers (rue de)
Cette rue porte le nom du château de Boulainvilliers (appelé aussi
château de Passy) auquel elle menait jusqu’à ce que, en 1831, elle fût
prolongée jusqu’à la rue de Passy en traversant le parc du château.
Cette demeure seigneuriale de Passy fut érigée en 1381 et s’enrichit au
fil de ses prestigieux propriétaire. A son apogée au XVIIIe siècle, le
château dominait un parc de 8 hectares dessiné par Le Nôtre et un
potager de 4 hectares descendant jusqu’à la Seine.
Chaillot (rue de)
Cette
rue, qui faisait partie du chemin allant de la colline du Roule
(l’actuelle Place de l’Etoile) au village de Chaillot, fut baptisée rue
de Chaillot au XVIIIe même si son tracé était beaucoup plus long à
l’époque. Le village de Chaillot apparaît dès le VIe siècle sous le nom
de Nimio puis de Nijon au XIe. Cette seigneurie de Nijon fut donnée par
Louis XI à l’historien Philippe de Commines avant de donner naissance à
deux villages : Autolium (Auteuil) et Calcium qui devint Chaillot. Au
XVIIe, lors de sa transformation en faubourg de Paris - le faubourg de
la Conférence - c’était un village agréable entouré de vignes et de
jardins. Le village de Chaillot fut incorporé à Paris en 1794.
Chardon-Lagache (rue)
C’est au XVIIIe que la rue de la Municipalité fut créée entre la rue Jouvenet et la rue Charles-Marie Widor. Prolongée en 1862 jusqu’à la place d’Auteuil, elle s’appelait alors rue Le Mire, puis rue du Point du Jour. Avec son prolongement jusqu’à l’avenue de Versailles, elle reçut son nom actuel de Chardon-Lagache. Pourquoi ce nom ? Parce que, en 1857, les époux Chardon-Lagache fondèrent en 1857, à l’actuel n°1, une maison de retraite pour les vieux de plus de 60 ans de condition modeste. Pierre-Alfred Chardon, époux Lagache, après avoir fait fortune « Aux Montagnes Russes », un magasin dit « de nouveautés » du Faubourg-Saint-Honoré, consacra sa fortune à la création de cette maison de retraite.
Les époux Chardon-Lagache furent imités dès 1860 par l’Assistance publique qui ouvrit en 1865 l’institution Sainte-Perrine que nous connaissons toujours.
Delessert (boulevard)
Ce boulevard, créé en 1876, devait longer la place du Roi-de-Rome. Mais
cette place devint les jardins du Trocadéro et le boulevard Delessert
emprunta le tracé que nous lui connaissons aujourd’hui. C’est sur ce
boulevard, à l’angle avec la rue de Passy, que Georges Clémenceau fut
légèrement blessé dans un attentat en 1919.
Desbordes-Valmore (rue)
Cette ancienne rue de Notre-Dame reçut le nom la femme de lettre Marceline Debordes-Valmore en 1864, 5 ans après sa mort. Comédienne et chanteuse renommée, elle publia son premier recueil de poésies en 1819. Considérée comme la plus grande poétesse depuis Louise Labbé, cette romantique eut une très grande influence sur les maîtres de la posésie française moderne que sont Rimbaud et surtout Verlaine.
Docteur-Blanche (rue du)
D’abord sente des Fontis puis rue des Fontis, cette rue reçut en 1894
le nom de ce médecin aliéniste célèbre qui avait créé rue d’Ankara, en
1847, une maison de santé, un asile d’un genre nouveau. Les patients y
partageaient la vie quotidienne du docteur Esprit Blanche et sa famille
et pouvaient se promener librement dans le parc de 5 hectares. De cette
initiative est née l’institution la plus célèbre d’Europe fréquentée,
entre autres, par Gérard de Nerval, Charles Gounod, Théo Van Gogh (le
frère de Vincent) ou Guy de Maupassant qui, atteint de syphilis, y
finit ses jours.
Emile Augier (boulevard)
Ancienne avenue de la Petite Muette, ce boulevard qui longe le chemin de fer d’Auteuil reçut le nom d’Emile Augier en 1893, mort 5 ans plus tôt.
Plus célèbre auteur dramatique de son temps, applaudi à 24 ans pour “La Ciguë”, Emile Augier écrit près de 30 pièces de théâtre dite de « comédie sérieuse ». Entré à l’Académie Française à seulement 36 ans, il fut un conseiller très écouté de Napoléon III.
Etats-Unis (place des)
Cette place a été créée en 1881 à l’emplacement des grands réservoirs
qui, à partir de 1782, recueillaient l’eau de la Seine amenée par les
pompes de Chaillot. L’eau était clarifiée avant d’être envoyée jusqu’à
la Bastille pour alimenter les fontaines de la capitale. Ces réservoirs
ont été remplacés, peu avant leur destruction, par les actuels
réservoirs de Passy.
Exelmans (boulevard)
Créé en 1862 en même temps que le viaduc de la petite ceinture qui occupait sa partie médiane, ce boulevard reliait d’abord la rue d’Auteuil à l’avenue de Versailles avant d’être prolongé en 1863 jusqu’au quai Louis Blériot. Bien que portant un nom de maréchal de France depuis 1867, il ne fait pas partie des boulevards des Maréchaux.
La carrière de Rémy Joseph Isidore Exelmans est exemplaire. Engagé à 16 ans dans les armées de la Révolution, combattant valeureux de toutes les napoléoniennes, général à 32 ans, promu Pair de France par la Monarchie de Juillet, il est fait Maréchal de France par la IIème République avant de mourir en 1852 à 77 ans.
Faisanderie (rue de la)
Cette rue emprunte son nom à la Faisanderie du château de la Muette.
Cette propriété fut également appelé le Petit-Parc. La Faisanderie fut
en partie démembrée dans le lotissement de 1825 avant de disparaître
complètement, en 1854, lors de la création de l’avenue de l’Impératrice
devenue, depuis, l’avenue Foch.
Flandrin (boulevard)
Ce boulevard a été créé en 1854 en même temps que le chemin de fer d’Auteuil. On pouvait voir à l’angle de l’avenue Foch la gare du Bois de Boulogne par où arrivaient les chefs d’Etat et souverains qui venaient en visite officielle.
Cette artère reçut en 1865 le nom du peintre Hippolyte Flandrin mort l’année précédente. Élève de Dominique Ingres, son travail se situe à la charnière du néo-classicisme et du style académique. Il se livra d’abord à la peinture historique, avant de se tourner vers la peinture religieuse. Il exécuta les peintures murales de Saint-Germain-des-Prés et de Saint-Vincent-de-Paul à Paris.
Foch (Avenue)
L’histoire de la création de cette avenue est liée au Bois de Boulogne
qu’Haussmann venait de transformer en lieu de promenades et de loisirs.
Il manquait une voie d’accès digne de ce beau parc. La route de
Saint-Germain (avenue de Neuilly) et la route de Suresnes (avenue
Victor Hugo) ne faisaient pas l’affaire de Napoléon III qui commanda un
nouveau tracé. Quand Haussmann s’empara du projet, il en fit l’avenue
de 120 mètres de large que nous connaissons. Une véritable voie
triomphale baptisée en 1854 avenue de l’Impératrice. Devenue avenue
Ulrich de 1870 à 1875, puis avenue du Bois, elle reçut son nom actuel
en 1929, l’année de la mort du généralissime Fernand Foch.
François Millet (rue)
Cette courte rue (92 m) ouverte en 1889 entre l’avenue Théophile Gautier et la rue La Fontaine sous le nom du peintre François Bonvin qui fit l’objet d’un échange avec la rue François Millet dans le 15e arrondissement.
Fondateur de l’école de Barbizon, Jean-François est surtout célèbre pour ses scènes champêtres et pastorales dont le célèbre « Angelus » peint en 1858 mais on lui doit aussi « Les Botteleurs », « Des Glaneuses » « La Tondeuse de moutons » ou « La Bergère ». Bien que catalogué peintre réaliste, Millet a une grande influence sur des impressionnistes tels que Claude Monet, Camille Pissaro et surtout Vincent Van Gogh qui a interprété à sa manière ses scènes rurales avant de fasciner Salvador Dali qui lui a conscré un ouvrage.
Faisanderie (rue de la)
Cette rue emprunte son nom à la Faisanderie du château de la Muette.
Cette propriété fut également appelé le Petit-Parc. La Faisanderie fut
en partie démembrée dans le lotissement de 1825 avant de disparaître
complètement, en 1854, lors de la création de l’avenue de l’Impératrice
devenue, depuis, l’avenue Foch.
Gros (rue)
Cette rue est une section détachée de la rue La Fontaine en 1865 pour recevoir le nom du peintre Jean Gros (1771-1835). Théophile Gautier habita cette rue dans sa jeunesse, suivie par Guillaume Apollinaire.
Jean Gros connut la gloire sous le règne de Napoléon. Ce peintre néoclassique, élève de David, se fit connaître par son « Napoléon au pont d’Arcole », première œuvre (de commande) apportée à l’édification de la gloire de Bonaparte. Suivirent « Bonaparte visitant les pestiférés de Jaffa », « La bataille d’Aboukir » puis « La bataille d’Eylau ». Peintre conventionnel, menacé par la montée de la peinture romantique, il mit fin à ses jours en 1835.
Henri Martin (avenue)
Cette ancienne partie de l’avenue de l’Empereur (1858-1877), puis avenue du Trocadero (1877-1885), reçut enfin le nom de l’historien Henri Martin, maire du XVIe arrondissement. Cette avenue perdit la section Président Wilson en 1918 et Georges Mandel en 1945.
Qui se souvent aujourd’hui d’Henri Martin ? Il faut consulter les archives de l’Académie Française dont il fut un des « immortels » pour apprendre que sa grande œuvre fut son « Histoire de France » récompensée par de nombreux prix. Elu à l’Académie en remplacement d’Adolphe Thiers en 1878, Henri Martin fut maire du XVIe arrondissement en 1870, député de Paris en 1871, sénateur en 1876 avant de mourir le 18 décembre 1883.
Kléber (avenue)
Dans sa forme actuelle, cette avenue est née en 1864 de la fusion de l’artère créée entre la place de l’Etoile et la rue de Presbourg et des anciens boulevards et chemins de ronde du mur des Fermiers Généraux. Ceux-ci portaient les noms de boulevards de Passy et de Longchamp et de chemins de ronde des Bassins et de Longchamp. La nouvelle avenue reçut le nom du Roi de Rome avant d’adopter en 1879 celui du général Jean-Baptiste Kléber.
Né le 9 mars 1753 à Strasbourg, Kléber, est un de ces jeunes généraux français qui se sont illustrés lors des guerres de la Révolution, notamment à la bataille de Fleurus. Pacificateur de la Vendée et général en chef des troupes napoléoniennes en Égypte, il fut assassiné le 14 juin 1800 au Caire. Ses restes, rapportés à Marseille, étaient oubliés dans le château d'If, lorsque Louis XVIII ordonna, en 1818, qu'ils fussent transférés dans sa ville natale où ils reposent dans un caveau construit au milieu de la place d'armes.
La Fontaine (rue)
Cette rue, qui porte depuis 1865 le nom de Jean de La Fontaine (1621-1695), comprend les anciennes rues de la Tuilerie et de la Fontaine. Cette dernière tirait son nom d’une source qui la rendait très marécageuse avant les travaux d’empierrement réalisés à la demande de Napoléon pour rendre plus commodes ses déplacements à Saint-Cloud. A signaler, au début de cette rue, les immeubles « modern style » construits par Hector Guimard entre 1898 et 1911 (voir la rubrique « les styles de votre quartier »). Chacun connaît le fabuliste génial et prolifique qui a écrit 239 fables mais La Fontaine fut également auteur dramatique, romancier, librettiste, conteur et traducteur des grands auteurs grecs et latins. C’est cette œuvre immense qui lui valut d’être élu à l’Académie Française en 1684.
Lauriston (rue)
Cette rue, devenue tristement célèbre pendant l’occupation allemande,
n’était au XVIIIe qu’un chemin reliant le chemin de Longchamp à la
barrière de l’Etoile. C’est en 1826 que fut créée la rue du Bel-Air
avant de devenir rue Lauriston en 1864. Jacques Alexandre Law de
Lauriston, né en 1768 à Pondichéry, fit une carrière militaire et
diplomatique brillante aussi bien auprès de Napoléon Ier que de Louis
XVIII. Comte de l’Empire, marquis de Lauriston, maréchal de France en
1823 avant de mourir en 1828 dans les bras de la danseuse Amélie
Legallois.
Léopold II (avenue)
Cette avenue a été tracée en 1928 sur les terrains de l’ancien couvent de l’Assomption. Ce couvent avait lui-même succédé au Château de la Tuilerie, un ancien rendez-vous de chasse où François 1er aimait se rendre pour chasser dans le Bois de Boulogne.
A sa création, l’avenue reçut le nom du deuxième roi des Belges qui possédait sa propre colonie privée, l’état indépendant du Congo, dont il fit don à la Belgique à la fin de sa vie.
Lonchamp (rue de)
De 1834 à 1903, cette rue a été tracée en plusieurs épisodes : d’abord
à la place d’un chemin qui menait à l’abbaye de Lonchamp (d’où son
nom), puis dans une partie de l’ancien Bois de Boulogne, lors de la
construction du chemin de fer d’Auteuil, et, enfin, prolongée dans son
tracé actuel en 1903. Bien que bâtie assez tard, la rue de Lonchamp a
accueilli des personnages illustres tels qu’Albert Kahn (le créateur
des jardins de Boulogne), Saint-Saens, Théophile Gautier ou Georges
Feydau.
Lübeck (rue de)
Ce fut d’abord un sentier entre les rues de Longchamp et Boissières avant d’être prolongée en 1807 sur l’ancienne propriété du couvent de la Visitation-Sainte-Marie installé à la place de l’actuel Palais de Chaillot. Cette rue reçut le nom de la vistoire de Lübeck remportée un an plus tôt.
La bataille de Lübeck opposa les Français commandés par le maréchal Bernadotte aux Prussiens commandés par le général Blücher pendant la campagne de Prusse de 1806. La confrontation a eu lieu les 6 et 7 novembre 1806. A la tête des débris de l'armée prussienne défaite à Iéna, le général Blücher avait violé la neutralité de Lübeck, ville libre et hanséatique, en s’y réfugiant le 6 novembre 1806. La ville fut prise après de violents combats de rues le 7 novembre 1806.
Malakoff (avenue de)
La création de cette artère sous le nom d’avenue de Saint-Denis date de
1826. Elle était destinée de relier Passy à Saint-Denis. Elle reçut son
nom actuel en 1864.
Le nom de Malakoff provient du nom d'une tour près de Sébastopol. La
prise de cette tour par l'armée française sous Napoléon III, le 8
septembre 1855, a permis la prise de la ville de Sébastopol pendant la
Guerre de Crimée.
En 1936, elle perdit la partie comprise entre l’Avenue Foch et le Trocadéro qui prit le nom de Raymond-Poincaré.
Manutention (rue de la)
Cette rue tire son nom de la Manutention Militaire qui, au XIXe siècle, occupait la place de l’actuel Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris. A sa création en 1866 elle a absorbé la rue Basse-Saint-Pierre qui menait jusqu’à la rue de Chaillot, tout près donc de l’église Saint-Pierre de Chaillot. En 1938, elle devait recevoir le nom du poète italien Gabriele d’Annunzio mais cette décision fut annulé en 1949.
Marceau (avenue)
Cette avenue constitue une frontière entre le VIIIe (côté pair) et le XVIIIe (côté impair). Elle fut créée, entre 1854 et 1858, de la place de l’Etoile à l’avenue du Président-Wilson sous le nom de Joséphine en faisant disparaître l’impasse des Blanchisseuses et une partie des rues Georges Bizet, Newton et Képler. C’est en 1879 qu’elle devint avenue Marceau du nom du Général Desgraviers-Marceau.
François-Séverin Desgraviers-Marceau, né le 1er mars 1769 à Chartres, fut nommé général de brigade à 24 ans. Célèbre pour sa bravoure au combat mais aussi par son humanité pour les ennemis, il est sa mort, le 21 septembre 1796 à Altenkirchen (Rhénanie-Palatinat).
Mexico (place de)
Cette place n’était à l’origine qu’un carrefour des chemins qui traversaient la plaine de Passy.
Jusqu’au début du XXe
siècle, elle n’était bâtie que de petites maisons de jardiniers et
maraîchers qui travaillaient à proximité. Une plaque rappelle qu’au
XVIIIe siècle Boileau et La Fontaine aimait venir boire du
lait dans une ferme démolie en 1904 lors du lotissement de cette place.
Appelée rond-point de Lonchamp, elle reçut le nom de la capitale du
Mexique en 1957.
Molitor (rue)
Cette rue, qui fut créée en 1862, traverse l’ancienne propriété de Boileau (cf. rue Boileau). Elle reçut le nom du maréchal de France Joseph Molitor en 1867.
C’est l’archétype même du héros des armées révolutionnaires devenu héros de l’Empire. Général de brigade à 29 ans, il a trente ans seulement lorsqu'il est fait général de division en 1800. Il est sous les ordres de Masséna en Italie, participe à la bataille de Caldiero et occupe la Dalmatie en 1806. Il se distingue à Aspern et à Wagram. Gouverneur des villes hanséatiques, il commande ensuite la 17e division militaire à Amsterdam. Il évacue la Hollande en 1813, puis participe à la campagne de France. Fait pair pendant les Cent-Jours, il participe à la campagne d'Espagne de 1823. Fait pair et maréchal de France la même année. Il meurt à Paris le 28 juillet 1849.
Mozart (avenue)
Cette avenue de plus d’1 km (1 180 m exactement) a été créée en 1867 et
baptisée en l’honneur du compositeur allemand. Son percement a détruit
la maison où avait été arrêté en 1794 le poète André Chénier. Au 79, ne
manquez pas de rendre visite à notre agence.
Muette (chaussée de la)
Cette ancienne voie de la commune de Passy doit son nom à sa proximité
avec le château de la Muette. Située hors de Paris, elle était séparée
de la rue de Passy par une grille. À son achèvement, la chaussée de la
Muette allait jusqu’à la porte de la. Muette avant d’être amputée des
avenues Prudhon et Raphaël.
New York (avenue de)
Cette avenue dont la construction commença en 1572 a reçu au fil des siècles de nombreuses appellations. D’abord avenue des Bons-Hommes du fait de sa proximité avec le couvent du même nom, elle s’appela Savonnerie vers 1610 du nom de la célèbre manufacture royale de tapis qui précéda la Manutention Militaire. Devenue avenue de la Conférence en 1769 en prolongement du quai du même nom, puis quai de Chaillot et chemin de Paris à Versailles. Napoléon Ier lui fit porter le nom du général Billy, tué à la bataille d’Iéna. C’est en 1918, qu’elle devint l’avenue de Tokio, nom remplacé par New York en 1945.
Octave Feuillet (rue)
Cette rue a été ouverte en 1894 dans l’ancien jardin fleuriste de Paris. Ce jardin avait été créé en 1854 sur des terrains détachés du Bois de Boulogne. Cet ensemble horticole comptait 30 immenses serres accueillant près de 3 millions de plants. Lors de son démembrement, ce jardin a été transféré à son emplacement actuel connu sous le nom des Serres d’Auteuil.
Dès sa création, cette rue reçut le nom d’Octave Feuillet, mort en 1890, romancier et dramaturge français, surnommé le « Musset des familles ». Très prolifique, il alternait les romans et les drames bourgeois qui connurent un grand succès sous le Second Empire. Il fut le premier élu à l'Académie à titre de romancier en 1862.
Passy (rue de)
Ce fut longtemps la rue principale du village de Passy. Depuis le XVe
siècle, elle a connu diverses appellations : chemin de la Folie, chemin
qui conduit au Bois de Boulogne, Grand-Rue, rue Marat, puis, de nouveau
Grand-Rue avant d’adopter en 1867 son nom actuel. Autre particularité :
elle était encore en 1834 une des seules rues pavées du quartier. Cette
artère était célèbre par ses nombreux hôtels particuliers dont, au
n°18, le fameux hôtel de la Folie détruit en 1890.
Paul Doumer (avenue)
Cette
avenue est assez récente puisque son ouverture ne fut commencée qu’en
1912 pour s’achever en 1933. D’abord baptisée avenue de la Muette, elle
reçut le son nom actuel en 1932, juste après la mort du Président de la
République. Grand homme d’Etat, Paul Doumer fut gouverneur général de
l’Indochine de 1897 à 1902 où il conçut la structure coloniale de ce
pays. Elu Président de la République le 13 mai 1931, il fut victime
d’un attentat le 6 mai 1932 à Paris commis par un émigré russe, Paul
Gorgulov. Il mourut des suites de ses blessures le lendemain.
Paul Valéry (rue)
Rue de Villejust à sa création en 1825, cette rue a subi diverses modifications de tracé : à l’origine, elle reliait l’actuelle rue Lauriston à l’avenue Malakoff avant de perdre la partie occupée par la rue Piccini et d’être prolongée jusqu’à l’avenue Kléber en 1877. Elle reçut le nom du poète Paul Valéry en 1947. “Poète officiel” dans l’entre-deux guerres, Paul Valéry dut à l’influence de Gide de renouer avec la poésie avec La Jeune Parque en 1971, puis Le Cimetière Marin en 1920 et Charmes en 1922. Elu à l’Académie Française en 1925, Paul Valéry refusa la collaboration avec l’occupant allemand et mourut en 1945 au lendemain de la Libération.
Pierre Guérin (rue)
La plus ancienne partie de cette rue (entre la rue d’Auteuil et la rue
La Fontaine) était la sente des Vignes qui longeait les murs du château
de Boufflers jusqu’en 1837 où elle devint la rue des Vignes puis la rue
Magenta en 1859. Elle a fusionné en 1869 avec l’autre partie, qui se
termine dans une impasse aujourd’hui célèbre, sous le nom de Pierre
Guérin, peintre néo-classique dont on peut admirer quelques œuvres au
Louvre.
Pompe (rue de la)
Au début du XVIIIe siècle, cette rue de Passy n’était qu’un chemin - le
Vieux-Chemin – qui longeait le château de La Muette et débouchait, au
delà de la rue de la Tour sur la plaine de Passy. A la fin du XVIIIe,
elle fut nommée rue de la Pompe du fait de sa proximité avec la pompe
qui alimentait en eau le château de la Muette mais ce n’est que vers la
milieu du XIXe qu’elle devint une véritable rue qui, jusqu’en 1868,
rejoignait l’avenue de Neuilly, notre actuelle avenue de la
Grande-Armée. La première pierre du Lycée Janson-de-Sailly fut posée en
1881 par Jules Ferry. Cet établissement porte le nom du généreux
donateur grâce auquel l’État a pu acquérir le terrain nécessaire à la
construction du lycée.
Portugais (Avenue des)
Située entre la rue Lapérouse et l’avenue Kléber, cette avenue, partie de la rue Paul Giraudoux, reçut en 1911 le nom de Sofia avant de recevoir son nom actuel en 1918 pour saluer l’entrée du Portugal aux côtés des Alliés lors de la guerre de 14-18. Si la participation du Portugal à la « Grande Guerre » est peu connue, elle fut cependant effective à partir de janvier 1917. Et 400 soldats portugais ont été invités à participer au défilé commémoratif du 11 novembre 1919 aux côtés des détachements alliés.
C’est entre cette avenue des Portugais, l’avenue Kléber et les rues de Presbourg et de la Pérouse que fut inauguré en 1845 l’Hippodrome. C’était une sorte d’immense cirque tout en bois de plus d’un hectare avec une piste ovale qui recevait des spectacles équestres, des courses de chars et des parades militaires. Cet établissement brûla le 27 juillet 1856 et fut reconstruit place Victor Hugo.
Poussin (rue)
Ce quartier était, jusqu’au XIXe siècle, la propriété de Boufflers qui fut, en 1853 traversée de plusieurs rues dont celle-ci nommée rue de Neuve de l’Embarcadère du fait de sa proximité avec la gare d’Auteuil, terminus du nouveau chemin de fer. C’est en 1864 qu’elle reçut le nom du peintre Nicolas Poussin.
Ordre, clarté et simplicité... La notion de classicisme dans la peinture française du XVIIe siècle est essentiellement incarnée par Nicolas Poussin qui, paradoxalement, fit l'essentiel de sa carrière non à Paris mais à Rome, en marge des grands courants de l'époque. Sa peinture, d'une grande richesse d'inspiration, fait de lui un des plus grands artistes du siècle..
Ranelagh (rue du)
Cette rue porte ce nom car, à sa création, en 1824, elle devait
initialement relier le quai de Passy au Ranelagh. Mais elle ne dépassa
jamais le boulevard Beauséjour qu’elle rejoignit en 1877 après avoir
absorbé différents sentiers qui existait encore au XIXe siècle. C’est
au n° 84 de cette rue que mourut en 1935 le compositeur Paul Dukas dont
l’œuvre la plus célèbre est L’apprenti sorcier.
Raymond Poincaré (avenue)
Encore un Président de la République pour cette avenue née de la scission de l’Avenue Malakoff en 1936. Ce lorrain, qui avait été traumatisé par l’invasion prussienne alors qu’il avait 10 ans, allait gravir très rapidement toutes les marches de l’Etat jusqu’à la Présidence de la République en 1913, poste qu’il conserva jusqu’en 1920. Pendant la guerre, il devait illustrer l’unité de la nation, appelant à « l’union sacrée de tous les français ». Après avoir quitté la présidence, il fut rappelé à la Présidence du Conseil et c’est ainsi que, pour sauver la monnaie, stimuler les exportations et réduire les dettes de l’Etat, il stabilisa le franc au cinquième de sa valeur de 1914. Le franc Poincaré avait effacé le franc Germinal.
Raynouard (rue)
C’est la plus ancienne rue de Passy datant de la période gallo-romaine. Ses différentes appellations au cours des siècles témoignent de l’histoire du quartier : du Chemin de Passy à Paris au XVe siècle à la Rue Basse à la fin du XVIIIe avant de devenir la rue François Raynouard en 1867 du nom de l’écrivain et poète mort en 1836 dans une maison au 36 de la rue. Dès le XVIIIe, cette artère était déjà entièrement bâtie de propriétés seigneuriales et d’hôtels particuliers habités par des “célébrités“ de toute sorte : nobles, ecclésiastiques, financiers, artistes et même Benjamin Franklin qui, au n°62, y testa ses premiers paratonnerres.
Spontini (rue)
Partie de l’ancien chemin qui longeait La Faisanderie et séparait Passy de Neuilly, cette rue est devenue Spontini en 1865. Gaspare Spontini est un compositeur italien, né en 1774, qui arriva à Paris en 1803. Grâce aux appuis du facteur de pianos Erard (dont il allait épouser la fille Marie-Catherine Céleste) et surtout de l’Impératrice Joséphine, Spontini est rapidement devenu un compositeur officiel de l’Empire. Après avoir parcouru les cours européennes à partir de 1820, il mourut en 1851 dans sa ville natale près d’Ancône.
Tour (rue de la)
Connu sous le nom de Chemin des Moines dès le XVIIe siècle, ce simple
chemin menait du convent des Bonshommes au château de la Muette. A la
fin du XVIIIe, il devint la rue du Moulin-de-la-Tour en référence à un
moulin édifié sur une tour du château du même nom fréquenté au XIVe par
Philippe Le Bel. C’est après la destruction de ce moulin que
l’appellation actuelle de rue de la Tour fut adoptée.
Versailles (avenue de)
Cette
rue porte ce nom car, à sa création, en 1824, elle devait initialement
relier le quai de Passy au Ranelagh. Mais elle ne dépassa jamais le
boulevard Beauséjour qu’elle rejoignit en 1877 après avoir absorbé
différents sentiers qui existait encore au XIXe siècle. C’est au n° 84
de cette rue que mourut en 1935 le compositeur Paul Dukas dont l’œuvre
la plus célèbre est L’apprenti sorcier.
Victor-Hugo (avenue)
D’abord route de Versailles, puis de La Reine (ce qu’elle est restée côté Boulogne), ensuite chaussée d’Auteuil, cette longue avenue de plus de 2 km faisait partie de la route nationale Paris-Bayonne. C’est en 1877 qu’elle reçut son nom actuel. Vers 1850, l’aquarelliste et dessinateur Paul Gavarni – Sulpice-Guillaume Chevalier de son vrai nom – habitait une maison avec un grand parc aux essences rares qu’il dut abandonner en 1865 pour aller mourir Villa de la Réunion un an plus tard.
Victor-Hugo (place)
Aménagée, elle aussi, lors du lotissement de la plaine de Passy, cette
place a d’abord été nommée rond-point Charles-X avant de devenir
rond-point de Saint-Cloud puis rond-point des Bassins, une dernière
appellation tirée des bassins qui entouraient la fontaine édifiée à son
centre. Son nom changea encore à la destruction des bassins en
rond-point de la Plaine puis place de l’Hippodrome car cette place
bordait un hippodrome qui fonctionna jusqu’en 1877. Devenue place
d’Eylau en 1864, elle prit son nom actuel en 1885 à la mort du poète.
|